Lors de cette deuxième édition des Ateliers Santé du Dos, Technisom a eu le plaisir d’accueillir Rémy Hurdiel, professeur des universités spécialiste du sommeil en conditions extrêmes, ainsi que Louise Comont, navigatrice et préparatrice mentale.
Après une première conférence consacrée à la charge interne et à la locomotion avec Frédéric Grappe (Groupama–FDJ United), cette nouvelle rencontre s’est naturellement orientée vers une question fondamentale :
Comment récupère-t-on cette charge ?
La réponse nous conduit inévitablement vers un sujet souvent évoqué mais encore largement sous-estimé : le sommeil.
Le sommeil : probablement le levier de récupération le plus puissant
Dans le monde du sport de haut niveau comme dans notre quotidien, le sommeil constitue l’un des principaux mécanismes de récupération.
Pourtant, les données présentées lors de cette conférence montrent une tendance préoccupante : nous dormons de moins en moins.
L’évolution de nos modes de vie, l’exposition permanente aux écrans, l’éclairage artificiel, l’hyperconnexion et l’augmentation des sollicitations cognitives modifient profondément nos rythmes biologiques.
En quelques décennies seulement, la durée moyenne de sommeil a significativement diminué tandis que les plaintes liées à la qualité du sommeil continuent de progresser.
Aujourd’hui, près d’une personne sur deux se déclare insatisfaite de son sommeil.
Pourquoi dormons-nous ?
Le sommeil n’est pas une simple période de mise en veille.
Il participe activement à l’équilibre de nombreuses fonctions :
- récupération physique ;
- régulation émotionnelle ;
- consolidation de la mémoire ;
- fonctionnement cognitif ;
- équilibre hormonal ;
- système immunitaire.
Lorsque le sommeil devient insuffisant ou de mauvaise qualité, les conséquences dépassent largement la simple sensation de fatigue.
Les recherches présentées par Rémy Hurdiel rappellent qu’une privation chronique de sommeil est associée à :
- une altération de la vigilance ;
- une diminution des capacités décisionnelles ;
- une augmentation du stress ;
- des perturbations métaboliques ;
- une augmentation du risque cardiovasculaire.
Les sportifs d’ultra-endurance : un laboratoire à ciel ouvert
Depuis plus de vingt ans, les équipes de recherche de Rémy Hurdiel étudient les comportements de sommeil dans des environnements particulièrement contraignants :
- navigation océanique ;
- ultra-trail ;
- ultra-cyclisme ;
- compétitions d’endurance de longue durée.
Ces disciplines offrent un terrain d’observation unique.
Les athlètes doivent continuer à performer malgré :
- une réduction importante du temps de sommeil ;
- des rythmes biologiques perturbés ;
- une forte charge physique ;
- des niveaux de stress élevés.
Ces situations extrêmes permettent de mieux comprendre les mécanismes qui régissent également notre quotidien.
Notre horloge biologique reste plus forte que nous
L’un des enseignements majeurs de la conférence concerne la puissance des rythmes circadiens.
Même dans les environnements les plus extrêmes, le corps continue de chercher à respecter ses cycles biologiques naturels.
Les observations réalisées lors de traversées océaniques ou d’épreuves d’ultra-distance montrent que, malgré des organisations de sommeil totalement fragmentées, les mécanismes biologiques continuent d’exercer une influence majeure sur les périodes de vigilance, la somnolence ou la récupération.
Autrement dit :
nous pouvons perturber nos rythmes biologiques, mais nous ne pouvons pas les supprimer.
Dormir n’est pas seulement une question de quantité
La conférence a également mis en lumière une notion particulièrement intéressante : l’alignement des planètes du sommeil.
Pour qu’un sommeil soit réellement récupérateur, plusieurs conditions doivent être réunies simultanément.
1. La somnolence
Le corps doit être prêt à dormir.
Savoir reconnaître et respecter les signaux naturels d’endormissement constitue un élément fondamental.
2. L’environnement
Le bruit, la lumière, la température ou encore le sentiment de sécurité influencent directement la qualité du sommeil.
3. Le confort
Le confort du couchage joue un rôle central dans la capacité du corps à se relâcher et à maintenir un sommeil de qualité.
4. Le lâcher-prise
Selon Louise Comont, ce facteur est souvent le plus complexe.
Même lorsque toutes les autres conditions sont réunies, un cerveau qui reste focalisé sur ses préoccupations aura beaucoup plus de difficultés à entrer dans un sommeil profond et réparateur.
Le sommeil, un enjeu bien au-delà du sport
Si les exemples évoqués lors de cette conférence proviennent souvent du sport de haut niveau ou de l’ultra-endurance, les enseignements concernent chacun d’entre nous.
Déplacements professionnels, travail posté, charge mentale, hyperconnexion ou stress quotidien créent parfois des situations comparables à petite échelle.
Les mécanismes physiologiques restent pourtant les mêmes.
Prendre soin de son sommeil n’est donc pas un luxe.
C’est un levier essentiel de santé, de récupération et de performance durable.
Une conviction au cœur de la démarche Technisom
Depuis sa création, Technisom développe ses solutions autour d’une idée simple :
le sommeil est un sujet de santé avant d’être un sujet de confort.
C’est cette conviction qui nous pousse à réunir régulièrement chercheurs, professionnels de santé et experts de terrain lors des Ateliers Santé du Dos.
Parce que mieux comprendre les mécanismes du sommeil, c’est aussi mieux comprendre comment préserver durablement notre équilibre physique et mental.
Replay complet de la conférence
Retrouvez l’intégralité de l’échange avec Rémy Hurdiel et Louise Comont ici :
https://www.youtube.com/watch?v=PtGlzl6vx6E&list=PLkoRooWW3xjvLJthZtjkvZK0IXHTbU1P4